vendredi 6 février 2015

Quelques considérations personnelles sur la 3D, les effets spéciaux et le montage vidéo...

Une fois n'est pas coutume, je vais aujourd'hui séparer en deux articles les versions françaises et anglaises de ces quelques réflexions, pour en faciliter la lecture.

Ces réflexions n'ont rien d'extraordinaire, elles sont juste le fruit de mes dernières évolutions intellectuelles concernant mon loisir principal qu'est la création de contenu que j'appellerai pour faire bref en "image de synthèses".

En effet, alors que ces dernières années, je me suis de plus en plus spécialisé dans la création de contenu 3D (modélisation et textures, essentiellement), mais au départ, les raisons qui m'ont poussé à la 3D étaient tout autres, car je suis arrivé dans cet univers pour pouvoir donner vie à mes projets de courts-métrages.
En effet, mon hobby a démarré par la passion du montage vidéo. Or, malgré le temps que j'ai pu passer ces dernières années en 3D pure, j'ai pu constater que je revenais de plus en plus vers l'édition vidéo ces derniers mois, la 3D ne devenant plus qu'un outil de création au service d'histoires à raconter.
Cela pourrait paraître neutre, mais ça ne l'est pas du tout, car cela change mes orientations pour le futur, tant du point de vue matériel que technique, ou dans les objectifs que je me fixe avant de franchir le cap de me lancer comme freelancer.

Au départ, l'édition vidéo.
Je me suis mis à la vidéo il y a 22 ans. Dans l'école où je faisais mes études supérieures, il fallait réaliser un film pour la cérémonie de fin de promotion. Le président de promotion m'a désigné pour faire ce film alors que je n'y connaissais rien... et je m'y suis mis.
J'ai dû apprendre tout un tas de choses au fur et à mesure, surtout que c'était encore l'époque des cassettes VHS et des bancs de montage analogiques.
Bref, j'ai alors été mordu par le virus, et j'ai rapidement acquis de quoi réaliser des montages vidéos, d'abord très simples, puis de plus en plus sophistiqués. A cette époque, j'ai basculé dans l'univers Macintosh, surtout avec l'apparition des iMac G3 à port firewire et de iMovie.
Là encore, je suis rapidement monté en gamme de matériel et de logiciels. Je réalisais beaucoup de petits films pour mon travail, notamment des autoscopies ou des films faits au cours de mes nombreux voyages à l'étranger pour moi-même, mais aussi les gens placés sous ma responsabilité. C'est à cette époque que je suis passé de iMovie à Final Cut et Soundtrack pour les bandes-sons.

Comment réaliser son court-métrage tout seul ?
Mais l'envie qui me tenaillait depuis très longtemps, était de réaliser mon propre court-métrage, hollywoodien, ce qui, quand on déménage tous les quatre matins, avec un métier qui demande beaucoup de temps,  reste complexe, ne fût-ce que pour trouver les acteurs.
En parallèle de mes activités vidéos, je me suis un jour acheté un "bundle" avec Poser 4 et Bryce 4. Ca a été le début de ma bascule vers la 3D. J'ai rapidement abandonné Bryce au profit de Vue, et je suis passé à Vue 5 infinite très rapidement, ainsi qu'à Poser 5 puis 6. Je pouvais ainsi animer mes personnages, dans de beaux paysages. Mais il me manquait beaucoup de props et de décors. Devant les prix prohibitifs pour acheter sur des sites spécialisés tout ce dont j'avais besoin, j'ai vite compris que la solution était de les modéliser moi-même. J'ai donc acheté Hexagon 2 qui venait de sortir, et je me suis lancé.
J'ai sorti deux ans plus tard un court-métrage sur la bataille de Tannenberg en 1412. Il était horriblement mal fait, avec des effets spéciaux (faits avec la première version de Motion) catastrophiques et un découpage technique à hurler. Il ne devait guère qu'y avoir la bande-son à conserver, et encore...
Une image tirée de mon court-métrage sur Tannenberg

Cette expérience m'a cependant appris beaucoup de choses, et surtout, m'a mis le pied à l'étrier de la modélisation, ainsi qu'une compréhension accrue de l'animation et des rendus.

Vers le développement de nouvelles techniques.
Mais ce film m'a surtout appris que sans les bons outils, il est difficile de passer au stade supérieur. L'aspect "cheap" de mon film était lié à plusieurs limitations intrinsèques de mes logiciels, ainsi qu'à mon manque de connaissances techniques.
Je suis alors rentré dans une longue phase d'apprentissage, au cours de laquelle, notamment, j'ai sorti de mon arsenal Poser, Vue, Hexagon, et j'ai tout remplacé d'un coup par ce qui reste encore aujourd'hui mon logiciel 3D à tout faire : Lightwave.
J'ai rapidement compris aussi que j'allais devoir franchir un fossé important sur le plan technique, et je me suis mis à lire énormément et travailler mes techniques de modélisation et de textures pour approcher le photoréalisme.
Par ailleurs, peu de temps après, constatant que la 3D était un hobby très cher, j'ai commencé à vendre ma production, essentiellement pour entretenir mon hobby sans qu'il ne soit une charge financière pour ma famille. Au final, je me suis retrouvé à ne faire presque plus que de la modélisation, surtout d'architecture historique, une de mes grandes passions, au détriment de toute forme d'animation.
D'Hexagon 2 (2006)...

A Lightwave (2013) : deux versions différentes du château de Dourdan.

A cette époque, avec l'arrêt chez Apple de la rétrocompatibilité entre les Mac Intel et les anciennes applications, j'ai dû cesser d'utiliser Motion et Final Cut Express, et je n'ai même pas pris le temps de racheter autre chose, l'animation et le montage vidéo étaient loin derrière moi. Je faisais toujours de brèves séquences animées, surtout à fins de tests ou de développement de nouvelles techniques.
Peu de temps après, j'ai découvert 3D-Coat, franchissant un nouveau cap en modélisation et textures 3D, et j'ai également commencé à passer du médiéval à la science-fiction, principalement pour illustrer le roman de science-fiction que j'étais en train d'écrire.

Pourquoi le retour aux sources ?
A ce moment-là, j'ai voulu réaliser pour promouvoir le premier tome des Chroniques de Solaris, un court-métrage animé avec les objets que j'avais créé. Mais là encore, je me suis vite retrouvé limité : iMovie que j'avais utilisé depuis que FCPE ne marchait plus sur les dernières versions de Mac OS X, était très insuffisant.
J'avais testé tout un tas de solutions alternatives en montage, entretemps, dont aucune ne m'avait vraiment donné satisfaction.
Pour ce montage, Motion 5 était désormais disponible à un prix très compétitif, et j'ai pu recommencer à l'utiliser pour mes effets spéciaux. La résultat, sans être exceptionnel, était déjà considérablement mieux qu'avec mon film sur Tannenberg.
Mais surtout, avec cette bande-annonce, le virus de l'animation venait de me reprendre.

Le film est visible sur la page dédiée aux chroniques de Solaris de ce blog..

Au même moment, je franchissait un pas technique supplémentaire. Dans Lightwave l'arrivée successive de Genoma dans Lightwave 11.5 puis de Nevron Motion me permettait non seulement de rigger facilement des personnages, y compris robotique, mais encore d'insérer de la motion capture de façon très simple dans Lightwave.
En parallèle, je faisais la découverte des logiciels de la suite substance, d'allegorithmic, franchissant un nouveau seuil en création de textures.
La 3D me permettait à nouveau d'envisager de faire de l'animation beaucoup fluide et réaliste pour donner vie à mes rêves animés.


Un dernier facteur a été déterminant pour moi, qui été l'achat de Final Cut Pro X. J'ai tout lu et entendu sur ce logiciel (un "imovie pro"). Je pense que ses principaux détracteurs étaient les gens déçus den pas retrouver dans FCP X leurs habitudes de FCP7, du temps "d'avant". Je sais bien que les premières versions de FCP X étaient incomplètes, mais Apple a selon moi eu du courage de faire disparaitre son logiciel "pro" phare pour le faire renaître d'une page blanche avec une architecture moderne.
Aujourd'hui, non seulement FCP X est un logiciel très performant, mais encore, ses capacités sont décuplées par la foule de plug-ins qui se développent à cadence accélérée. Parmi les développeurs de plug-ins pour FCP X, je retiens surtout MotionVFX et Pixel Film Studio, qui permettent à peu de frais des évolutions formidables de la façon de monter.
Par exemple, en 3D, les rendus volumétriques sont horriblement longs et impensables en animation, sauf à bénéficier d'une grosse ferme de rendu. Mais pourquoi s'embêter avec des rendus volumétriques quand on peut les ajouter en compositing de façon très convaincante ?
Bref, puisque je peux désormais envisager de supprimer de mes rendus 3D tout un tas d'éléments qui prennent un temps fou à calculer (particules, lumières volumétriques...) pour les ajouter ensuite dans Motion ou dans Final Cut Pro, l'animation redevient pour moi très tentante, renvoyant un peu la 3D au second plan, tout du moins, comme outil d'appui à la création animée.
Une perspective des plus alléchantes.

Aujourd'hui, mes outils de prédilection.
Il est très difficile de s'y retrouver dans la jungle des logiciels disponibles, car il y en a beaucoup, dans des gammes de prix très variées, et répondant à tous les goûts.
Ma sélection est très "mac-orientée", car je suis sur cet environnement depuis près de vingt ans. Cela peut paraître paradoxal, car en 3D, on est souvent mieux sur PC, mais avec Final Cut Pro, si on fait et 3D et montage vidéo, le choix du Mac reste selon moi une évidence, mais ceci dit sans aucune guerre de clocher.

Principaux logiciels 3D :
Lightwave 11.6 : https://www.lightwave3d.com
3D Coat 4.1: http://3d-coat.com
Substance Painter 1.2 : https://www.allegorithmic.com
Substance Designer 4.6 : https://www.allegorithmic.com

Edition Vidéo :
Apple Motion 5 : http://www.apple.com/fr/final-cut-pro/motion/
Final Cut Pro : http://www.apple.com/fr/final-cut-pro/

Logiciels additionnels utiles :
MakeHuman : http://www.makehuman.org
Terragen 3 : http://www.planetside.co.uk/products/terragen3
Pixelmator : http://www.pixelmator.com
CeltX : https://www.celtx.com/index.html (notez qu'on peut encore trouver sur internet une ancienne version de CeltX qui était gratuite et permettait de travailler "offline". C'est celle que j'utilise).
Garage Band : http://www.apple.com/fr/mac/garageband/

L'avenir...
Pour l'avenir proche, je vais continuer à produire des modèles 3D à mettre à la vente, ne fût-ce que payer mes plug-ins pour FCP X et Motion, et pouvoir mettre à jour Lightwave vers la V2015.
Mais là encore, cette modélisation va passer au second plan, car mes projets d'animation sont désormais nombreux...
La bande annonce du tome II des chroniques de Solaris, qui avance bien...
La bande annonce d'une novella steampunk a demi-écrite...
Une parodie de bande annonce de film de série Z, juste pour le fun...
Un film plus sérieux, mais long à écrire et préparer, sur le thème d'une nouvelle que j'avais écrite il y a quelques temps, le projet New Dawn.

Voilà, c'était un article très long, donc merci de l'avoir lu jusqu'au bout. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.


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